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CE QUI RESTE

GROUP SHOW

Janique Bourget - Cecile Davidovici - Marion Flament - Flore Prebay - Pierre & Florent - Shanna Warocquier
Du  29 avril au 28 mai 2026

À l’endroit fragile où la mémoire vacille, où les corps, les lieux et les récits se transforment, subsistent des traces. Ce qui reste réunit plusieurs artistes dont les pratiques interrogent la persistance : celle des êtres, des gestes, des images et des sensations qui demeurent malgré l’effacement.

Avec Deuil blanc, Flore Prébay explore la disparition progressive de sa mère atteinte de démence fronto-temporale. Son travail donne forme à ce deuil particulier qui commence avant la perte, lorsque l’être aimé est encore là mais déjà en train de s’effacer. À travers le papier artisanal, fragile et évolutif, elle matérialise l’altération de la mémoire et la vulnérabilité de l’existence. Les paysages d’Islande deviennent le miroir d’un bouleversement intérieur, une métaphore sensible de la désagrégation.

Les images de Shanna Warocquier prolongent cette réflexion dans une dimension spectrale. Ses photographies donnent à voir des présences instables, des corps et des lieux traversés par l’absence. Dans la série I wake up but you’re not there, le lieu devient porteur de récits et de mémoires diffuses, entre mythes, sororité et survivances.

Cécile Davidovici poursuit une recherche autour de la mémoire en se tournant vers des scènes plus intimes et incarnées. Délaissant les architectures de ses travaux précédents, elle puise ici dans un imaginaire photographique familier. La lisibilité des images est mise en tension par l’intervention de la broderie : le fil vient altérer, fragmenter, transformer la surface. Le motif de croisillons, caractéristique de sa pratique, agit comme un filtre qui brouille les contours et trouble la perception des corps. Ceux-ci apparaissent en suspens, à la limite de leur effacement, dans un état intermédiaire entre apparition et disparition. Les images deviennent ainsi des espaces de mémoire instables, en transformation.

Les séries photographiques de Pierre et Florent interrogent la mémoire à travers les objets et les constructions sociales. Le vêtement, accumulé en dômes, devient à la fois archive intime et reflet d’une société consumériste. Dans Ostension, la mémoire se déploie comme une expérience de l’exil et du retour, où le territoire fait ressurgir une appartenance longtemps suspendue, mêlant mémoire personnelle et histoire collective.

Avec des œuvres issues de Le miracle du soleil, Marion Flament explore la mémoire comme phénomène collectif et perceptif. Inspiré par l’événement de Fátima, son travail interroge la manière dont un récit persiste, se transforme et se transmet. Entre croyance et interprétation, la mémoire devient ici une construction partagée, façonnée par les regards et le temps.

Enfin, Janique Bourget interroge la mémoire des formes et de la matière. Ses sculptures en papier, en suspension, évoluent au fil de l’exposition, se transformant progressivement tout en conservant les traces de leurs états précédents. Dans cette métamorphose continue, la mémoire s’inscrit comme un processus, entre disparition et réminiscence.

À travers ces différentes approches, Ce qui reste dessine une mémoire à la fois intime et collective, historique et sensible - une mémoire traversée par les pertes, mais aussi par les formes qui persistent. Non figée, mais en perpétuelle transformation, elle subsiste dans des fragments, des gestes et des matières qui continuent de nous habiter.

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